Cela fait maintenant plus de deux ans que la pandémie de la Covid-19 chamboule inexorablement notre façon de vivre, de travailler ou de consommer. Depuis son déclenchement, 19,61 % des Français ont déclaré acheter le plus souvent possible un produit fabriqué en France et 64 % ont estimé avoir augmenté leur consommation de produits français (selon une étude réalisée par Opinion Way pour l’agence Insign et publiée en décembre 2020). Ce phénomène croissant reste le symptôme d’un besoin de privilégier une consommation responsable, qualitative, engagée dans le développement durable et venant soutenir l’économie nationale.

Dans un pays où trois quarts des habitants (74%) seraient prêts à payer plus cher pour un produit « Made in France » (selon un sondage de l’Ifop en juillet 2018), il est stratégique de développer et de consolider une fabrication tricolore. Plus précisément, il est désormais essentiel d’opter pour une approche localisée qui met en lumière le terroir et les produits régionaux, œuvres de nombreux savoirs-faire à protéger.

Alors, pourquoi ne pas oser le « Made in Breizh » ?

Qu’est-ce que le « Made in France » ?

Le « Fabriqué en France » est un marquage qui permet d’identifier l’origine d’un produit. Démarche facultative et volontaire pour nombre de produits, choisir de faire apposer la mention reste juridiquement encadré et doit être justifié par des critères particuliers et techniques qui diffèrent selon le type de bien.

Les Avantages du « Made in France »

Sans nul doute, l’étiquette « Made in France » a acquis une signification particulière pour les citoyens Français. À leurs yeux, celle-ci permet de participer au maintien de l’emploi en France (pour 93%), soutenir les entreprises du pays (93%), préserver les savoir-faire nationaux (92%) ou plus simplement réaliser un « acte utile » (88%), toujours selon le sondage réalisé par l’IFOP en 2018. Dès lors, la fabrication tricolore reste le nouveau critère d’achat privilégié des français, sensibles au développement d’une consommation éthique, responsable et soucieuse de son impact environnemental.

Du côté des entreprises, les bénéfices de voir son produit habillé d’une telle étiquette sont certains. Au-delà du gage de qualité, ce marquage reste avant tout un outil marketing puissant qui contribue à faire grandir une entreprise, à la faire accéder au réseau du label, et à élargir son nombre de clients, désormais plus informés quant à l’origine des produits proposés. Loin de l’accessoire, ce marquage apparaît donc comme un avantage commercial reconnu pour les entreprises, voire un atout concurrentiel, en France comme à l’international.

Le futur dans le « Made in Breizh »

Pour autant, le « Made in France », de par son manque de transparence, la variation de ses critères d’obtention comme son détournement, ne convainc parfois plus. Face à cette confusion, l’étiquette régionale gagne à s’imposer. Des entreprises ancrées sur un territoire reviennent sur le devant de la scène, boostées par le développement de nouveaux labels d’État, tels que « l’indication géographique ». Établi par la loi Consommation de 2014, ce label permet d’identifier un produit industriel ou artisanal dont la qualité, la réputation ou d’autres caractéristiques sont liées à son origine géographique.

Afin de contrebalancer la duplication d’indications et de logos parfois sans fondement rigoureux sur l’origine des produits, des labels issus d’initiatives privées viennent en complément. Parmi ceux-là figure la marque régionale collective « Produit en Bretagne ». Créée en 1993, elle est la première dans le domaine et reste la précurseure du « Made in ». Son action se décline en plusieurs axes : développer les ventes et les emplois dans la région, valoriser le territoire, et apprendre du réseau. Pour exemple, des entreprises telles que Jean Hénaff ou la Banque populaire grand Ouest ont choisi d’intégrer ce réseau qui en recense 420.

Existe également le jeune label « Marque Bretagne », lancé en janvier 2011, lui aussi orienté vers la promotion de la culture bretonne. Son objectif quant à lui est d’accroître l’attractivité de la Bretagne en portant l’image d’une région moderne, créative et engagée dans une dynamique RSE, tout en la faisant rayonner au niveau national comme international.

Comment procéder au renforcement du « Made in Bretagne » ?

Au-delà du label, il est essentiel en interne des entreprises de renforcer la démarche « Made in Bretagne » tout en respectant le souhait légitime de rentabilité. Dans un premier temps, la Bretagne doit attirer par son « bien vivre » de nouveaux talents qui développeront des entreprises dynamiques et innovantes dans le fabriqué local. Outre cet aspect, la formation de ces jeunes pousses paraît essentielle pour le futur et la pérennisation du « Made in Bretagne ». La qualité des liaisons numériques, l’aménagement territorial, la densité de la vie culturelle ou encore l’efficience du système éducatif sont tant de points à améliorer pour renforcer l’attractivité de la région et l’émergence de nouvelles entreprises spécialisées dans le « Made in Bretagne ».

Par ailleurs, la prise de conscience de la fragilité du tissu industriel français depuis la crise sanitaire pourrait permettre la re-dynamisation voire le re-développement de filières industrielles historiquement ancrées dans la région. Cela passerait par des relocalisations progressives, fortement plébiscitées par Bercy.

Par plus d’innovation, de proximité et de territoire, les entrepreneurs consolideront de facto ce grand projet qu’est la production durable, responsable et localisée en Bretagne.

 

 

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